| LES AUTOMOBILISTES SONT FISCALEMENT
RACKETTÉS
Un
article du Parisien, le 7 Octobre 2004
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Spécialisé dans la défense des conducteurs,
l'avocat Eric de Caumont explique à notre journal comment
l'Etat, sous couvert de sécurité routière,
s'emploie, selon lui, à remplir ses caisses.
Vous
dénoncez un véritable "racket fiscal"
à l'encontre des automobilistes.
Pourquoi ?
Eric de Caumont : En effet, sous le prétexte
de la sécurité routière, les administrations
et le pouvoir politique mettent insidieusement en place un système
organisé de racket fiscal à l'encontre des automobilistes.
Sous couvert d'intérêt collectif supposé,
il s'agit, en fait et principalement, de faire rentrer un maximum
d'argent dans les caisses de l'Etat en genéralisant l'utilisation
des machines de contrôle.
Quand même, n'y allez-vous pas un peu fort ?
Pas du tout. Prenez le cas des radars automatiques : depuis plusieurs
mois maintenant, ils sont systématiquement réglés
pour photographier les plaques d'immatriculation et non plus les
habitacles des voitures. Avantage : même s'il n'est pas
au volant, le propriétaire du vehicule ne peut plus arguer
de l'article L 121-3 qui le dispense, photo à l'appui,
de payer pour un autre. Avec ce système, le propriétaire
se touve dans la quasi-obligation de régler l'infraction.
On a donc fait le choix de la rentabilité - et l'argent
coule effectivement à flôts- plutôt que de
chercher à mettre hors d'état de nuire les chauffards
et autres fous du volant. Voilà la verité !
Pourtant,
il semble que les automobilistes s'habituent à ces contrôles
automatiques...
Détrompez-vous, les gens ne supportent pas d'être
pénalisés pour 1 km/h ou 2 km/h de trop. On ne devient
pas tout à coup un assassin potentiel parce qu'on a roulé
à 131 km/h ou 132 km/au lieu de 130 km/h. Mais on ne fait
pas la guerre pour 90 Euros, alors les automobilistes préfèrent
payer et être tranquilles, surtout s'il leur reste des points
sur le permis. Cela, les administrations le savent pertinemment.
C'est d'ailleurs pour cela que les promesses de réduire
de moitié les petits excès de vitesse n'ont jamais
été tenues. D'ailleurs, dans cette affaire, le pouvoir
politique s'est même payé le luxe de porter atteinte
aux droits de la défense.
Porter atteinte aux droits de la défense, expliquez-vous
!
II faut désormais payer pour prouver son innocence: si
vous ne consignez pas 135 Euros, il n'y a pas de contestation
possible, c'est tout simplement scandaleux. Je défends
actuellement une conductrice flashée à Saint Maurice
à 215 km/h à 18h11
(heure des traditionnels embouteillages) un jour de semaine, sur
l'A4 dans le sens Paris-banlieue. Outre sa consignation, il lui
a fallu prendre un avocat : aujourd'hui, il faut être riche
pour se défendre. De plus, la présomption d'innocence
que l'on reconnaît à tout criminel est désormais
inexistante en matière de circulation routière.
Cela aussi est très grave.
Avec le projet de PV automatiques, il semble que l'Etat
veuille franchir une nouvelle étape dans l'automatisation
des contrôles. Qu'en pensez-vous ?
Effectivement, les machines sont appelées à pallier
les carences des contrôles. C'est une véritable dérive
de notre société. L'article 429 du Code de procédure
pénale fixait les règles très strictes de
la rédaction d'un procès-verbal. Tout cela a volé
en éclats avec la loi du 12 juin 2003. Je pense que nous
parviendrons à obtenir gain de cause devant la Cour européenne
des droits de l'homme, mais cela prendra des années.
Propos recueilis par Jean-Marc Plantade
Texte publié avec l'aimable autorisation du magazine "Le
Parisien"
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